Natation scolaire : l’Instruction publique partage ses pratiques à l’ULB

De la découverte de l’eau à la confiance en soi, découvrez comment l’Instruction publique de la Ville de Bruxelles fait de la natation scolaire un véritable espace d’apprentissage, d’inclusion et d’émancipation pour chaque élève.

Le 24 septembre 2026, la Cellule natation de l’Instruction publique de la Ville de Bruxelles a participé à l’après-midi d’étude « NAGE ! – Natation, apprentissages, genres, écoles », organisée à l’USquare à l’invitation de l’Université libre de Bruxelles. Cette rencontre a permis de mettre en lumière le travail de plus de 900 personnes mobilisées autour des séances de natation de l’Instruction publique de la Ville de Bruxelles, organisées tous les quinze jours. Leur engagement commence bien avant l’entrée dans le bassin. Préparation des séances, trajets, accueil dans les vestiaires, apprentissages dans l’eau et suivi des progrès : à chaque étape, des professionnels et professionnelles unissent leurs compétences pour aider les élèves à apprendre et à prendre confiance dans un cadre sécurisant.

Les interventions des chercheuses de l’ULB ont enrichi la réflexion. Chloé Deligne est revenue sur l’histoire des piscines, Amandine Duelz et Charlotte Flasse sur l’accès à la natation scolaire, et Sofia Tahar sur la pratique des femmes à la piscine. Une enquête présentée lors de la rencontre indique qu’environ trois quarts des implantations primaires étudiées organisent des cours de natation, avec de très grandes différences selon le réseau d’enseignement et la situation socio-économique.

Donner à chacun·e la possibilité de progresser

La natation scolaire s’inscrit dans le Plan stratégique de l’Instruction publique et traduit les valeurs du pouvoir organisateur : égalité des chances, gratuité et accessibilité, inclusion et mixité, santé et bien-être. Examiner les freins à la participation, accompagner les familles et adapter les apprentissages permettent de donner à chaque enfant la possibilité de progresser, quels que soient sa situation sociale et ses acquis de départ.

Pour l’année scolaire 2026-2027, la planification concerne environ 12 600 élèves et étudiant·es, 678 classes et trois piscines communales. Elle repose sur une coopération étroite entre les écoles, la Cellule natation et les équipes des Bains de Bruxelles. Treize moniteurs et monitrices spécialisé·es accompagnent les équipes enseignantes. Pour les enfants du fondamental concernés, l’Instruction publique prend en charge l’entrée à la piscine et les déplacements en car.

Cet engagement se traduit aussi dans les équipements : plus de 50 000 euros ont été investis dans le matériel pédagogique des piscines. Un budget annuel permet de le renouveler et de soutenir les activités proposées aux élèves.

Dans l’eau, les élèves sont regroupés selon leurs compétences aquatiques plutôt que par classe, afin que chacun·e puisse avancer à son rythme. En maternelle comme dans l’enseignement spécialisé, les groupes comptent au maximum 12 enfants par encadrant·e. Dans le primaire ordinaire, les plafonds habituels sont de 15 non-nageurs ou 25 nageurs par enseignant·e ou moniteur·rice. Depuis trois ans, un créneau destiné aux enfants à besoins spécifiques est également organisé le mercredi matin à la piscine de Neder-Over-Heembeek, avec un encadrement renforcé.

Des activités pour apprendre autrement

L’Instruction publique développe également des projets qui aident les enfants à se familiariser avec l’eau, à dépasser leurs appréhensions et à reconnaître leurs progrès. Ces activités associent les apprentissages aquatiques à la confiance en soi, à la coopération et au vivre-ensemble.

Préparer et rassurer. Avant les premières séances, Le grand plongeon en psychomotricité aide les enfants à apprivoiser l’eau par le jeu, l’imaginaire et la respiration. Des activités philosophiques leur donnent également l’occasion de parler du corps, de la pudeur et du regard des autres. Dès la troisième maternelle, CEReKI, développé avec l’Université de Liège, propose une découverte guidée de l’eau, avec du matériel adapté et dans le respect du rythme de chaque enfant.

Découvrir ensemble et dépasser les stéréotypes. Avec Sport Expérience – « C’est quoi ton genre de sport ? », les élèves peuvent essayer notamment la natation synchronisée, le waterpolo, l’aquabike ou le trampoline aquatique. Ces découvertes ouvrent la discussion sur les sports dits « de filles » ou « de garçons ». Le projet a également connu une édition destinée aux élèves du primaire et continue d’évoluer. Il rejoint le travail mené pour développer la mixité dans les cours d’éducation physique au secondaire.

Oser, jouer et coopérer. Lors de la Semaine mondiale de l’eau, des élèves ont participé à des séances d’aquazumba, à des défis collectifs et à des relais imaginés par les moniteurs et les équipes enseignantes. D’autres matinées aquatiques invitent les enfants à oser, bouger et grandir. Les modules gonflables créent de nouvelles situations pour travailler l’équilibre, l’aisance dans l’eau et le respect des consignes. Durant la pandémie, Nage dans ta bulle avait permis de maintenir des demi-journées de natation et d’activités sportives en groupes restreints.

Associer les familles et reconnaître les progrès. Dès la maternelle, les échanges avec les parents permettent d’expliquer le déroulement des séances et les différentes étapes du parcours, des vestiaires aux apprentissages dans l’eau. Les brevets et les attestations de participation valorisent les acquis des élèves. Un passeport aquatique, encore à l’étude, vise à rendre leurs progrès plus lisibles pour l’enfant, sa famille et l’équipe éducative.

Faire évoluer les pratiques ensemble. La rencontre à l’ULB prolonge le dialogue engagé avec la recherche depuis le colloque consacré aux bienfaits de la natation en 2013. Une communauté de pratiques réunissant des enseignants et enseignantes d’éducation physique et de philosophie et citoyenneté, des formations et le partage d’outils aident les équipes à enrichir leurs approches. Leur objectif commun : permettre à chaque élève d’apprendre avec les autres, de progresser et de voir ses acquis reconnus.

Apprendre à nager, c’est bien plus que maîtriser un mouvement dans l’eau. C’est découvrir que l’on peut dépasser sa peur, trouver sa place parmi les autres et avancer à son rythme. Chaque progrès, aussi discret soit-il, ouvre une possibilité nouvelle.

C’est cette conviction que l’Instruction publique a portée à l’ULB. Elle prend vie chaque jour grâce aux enfants qui osent, aux familles qui leur font confiance et aux équipes qui les accompagnent. Notre ambition est simple et exigeante : que l’accès à l’eau ne dépende ni de l’origine d’un enfant, ni de ses moyens, ni de ses difficultés ; que chacun·e puisse y entrer avec confiance, y apprendre avec les autres et en ressortir un peu plus libre.

Gemaakt 07/10/2026 (bewerkt op 07/10/2026)