Stéréotypes, précarité menstruelle, violences : la Ville s'engage à l'occasion de la Semaine des droits des femmes

Dans le sillage de la Journée internationale du 8 mars dédiée aux droits des femmes, la Ville de Bruxelles consacre cette semaine aux inégalités de genre, avec une attention particulière portée aux violences et discriminations dans le domaine de la santé.

Dans le sillage de la Journée internationale du 8 mars dédiée aux droits des femmes, la Ville de Bruxelles organise une semaine consacrée à diverses thématiques en lien avec les inégalités de genre. En 2025, un focus est mis sous l'angle des inégalités et violences dans le domaine de la santé en abordant des sujets tels que : les stéréotypes de genre dans les recherches ; les défis spécifiques de la santé féminine ; les étiquettes de maladies exclusivement féminines tel que le cancer du sein et l'ostéoporose ; les inégalités des charges mentales et financières liées à la contraception ; les violences gynécologiques et obstétricales ; l'impact de la charge mentale - peu étudiée et plus élevée chez les femmes - sur la santé ; la précarité menstruelle et les tabous persistants face aux menstruations ; les inégalités financières face aux frais de santé ; le travail de soins non rémunéré et principalement porté par des femmes ; les inégalités de genre liées au travail dans le secteur de la santé et de l'aide à la personne ainsi que les répercussions négatives de ces inégalités sur les femmes, les systèmes de santé et les résultats en matière de santé.

Pour l’Instruction publique de la Ville, l’ensemble de ces thématiques fait partie intégrante de ses programmes et de l’éducation à la citoyenneté responsable. « Depuis de nombreuses années, explique Faouzia Hariche, Échevine de l'Instruction publique, de la Jeunesse, des Ressources Humaines et de la Petite Enfance, nous sensibilisons les élèves et étudiant.es à la question des droits des femmes, aux stéréotypes de genre, aux inégalités persistantes. Nos établissements et enseignant.es organisent de nombreuses formations, ateliers « philo », conférences et débats. Nous invitons des artistes à nous présenter leurs spectacles, par exemple nous avons monté à plusieurs reprises la pièce de Christine Delmotte-Weber sur l’histoire des féminismes. Nous voulons faire concrètement ressentir les stéréotypes de genre, lors de journées dédiées à la découverte de sports généralement cantonnés aux femmes ou aux hommes, pour amener les élèves à sortir des clivages et à déconstruire les idées préconçues drainées par le poids social ou culturel ».

Des inégalités de santé encore trop nombreuses

La précarité menstruelle et les tabous persistants face aux menstruations sont une autre préoccupation très importante pour les établissements de la Ville. L’Instruction publique a d’ailleurs fait installer des distributeurs de protections périodiques gratuites dans toutes les écoles secondaires. Mais il y a plus à faire, sûrement, du point de vue des mentalités. La metteuse en scène, Renelde Pierlot, vient d’écrire une pièce de théâtre sur les règles : « un sujet, les règles, écrit-elle, qui ne se dit pas ou peu publiquement, qui se dit par allégories, métaphores, images, etc., dont on parle peu à l’école, peu pris en compte dans le monde du travail, peu étudié en médecine, etc. Un sujet inépuisable, abyssal, immense, dans ces impacts et répercussions humaines partout dans le monde et ce depuis la nuit des temps. Un grand sujet donc. Un sujet essentiel. Et il n’apparait jamais, ou presque jamais, sur un plateau de théâtre, au cinéma, dans nos récits ! Incroyable non ? »

Éducation et sensibilisation : un levier pour le changement

Les stéréotypes de genre dans la recherche restent, eux aussi, très prégnants. Les historiens parlent de l’Effet Matilda, ou des oubliées de la science. Le nom de Matilda se réfère à la militante féministe Matilda Joslyn Gage qui, dès la fin du 19e siècle, avait remarqué qu’une minorité d’hommes avaient tendance à s’accaparer la pensée intellectuelle de femmes. Au rang de ces femmes, injustement méconnues, on compte la physicienne Lise Meitner, la biologiste Rosalind Franklin, la médecin Marthe Gautier, l'astronome Jocelyn Bell ou encore la physicienne Mileva Einstein. De nos jours, l’ONU déplore toujours l’inégalité de traitements entre femmes et hommes dans la recherche scientifique, notamment du point de vue des carrières. « Un travail de sensibilisation est, en effet, entrepris dans nos écoles pour continuer à encourager les jeunes filles à entreprendre des études scientifiques à l’Université, à mener des carrières de chercheuses et surtout plus tard à défendre leurs travaux et les rendre visibles à l’égal de ceux de leurs congénères », conclut Émilie Dupont.

Créé le 12/03/2025 (modifié le 12/03/2025)